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Gica Godi
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Né dans le village Cavarna, aujourd'hui en Bulgarie, le 13 novembre 1939, Gica Godi a étudié à l'Université de Bucarest, puis enseigné l'anglais à Constanta. Depuis 1990 il vit et travaille à New York. Il fut parmi les premiers intellectuels macédonarmans de Roumanie à s'atteler dans les années 1960 à la revalorisation du folklore macédonarman. Fondateur d'un orchestre, il est l'auteur et compositeur de plusieurs chansons qu'il a lui-même interprétées. La poésie Les cloches de l'Europe figure sur l'un de ses nombreux CDs, très appréciés par le public macédonarman. Elle fait en quelque sorte figure d'hymne moderne. |
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Cãmbana Europãljei
s-ancljinã a catalanlui Lluis Maria de Puig
Bati nauã hãrãyii
Cãmbana Europãljei,
Ethusu nãu di isihii
Ti tuti miletsli-a ljei.
Europã, hii nãdia,
La-a tãu cheptu s-n-apridunj,
Cã sh-noi himu a ta fumealje
Cu nai ma veclji-arãdãtsinj.
Rifrenu:
Europã, Europã,
Mutrea sh-cãtã noi,
S-hãrãseascã-a mea dunjeauã
Ca ierghili di ploi.
Cãts dushmanj avea Balcanlu
Tuts di noi s-anchidicarã,
S-deadirã cu Sãtãnãlu
Armãnamea ta s-u chearã.
Iryãtarits nu-astrãxirã
Averili tsi-anghilicea
Ehtsãrilji foclu bãgarã
Gramusti sh-Moscopolea.
Rifrenu: Europã, Europã ....
Mashi niori shi bumbunidzari,
Mashi nãvaljuri di lãiets,
Adu sh-pi-a noastã sucachi
Soarli cu-a lui mushutets.
Mutã caplu, Armãname,
Nãmuzea s-nu nã chiremu,
Boatsea s-n-avdã tutu laolu
Shi s-curmãmu lailu blãstemu!
Rifrenu: Europã, Europã ....
S-avinãmu pãmoara lai,
Tsi-anvãleashti ca nãvalju
Patridha tsi n-ari armasã
Mashi tu-a nostu dultsi graiu.
Grailu sãmtu, armãnescu,
Hlambura a Farãljei,
Sã-lu vigljemu cu njicu, cu mari
Tu-armãneshtsãli fumelji.
Rifrenu: Europã, Europã ...
Les cloches de l'Europe
au Catalan Lluis Maria de Puig*
Aux aurores nouvelles qui pointent
On entend le son des cloches de l'Europe :
Nouveau siècle de quiétude
Pour tous ses peuples.
Europe, tu es l'espérance
Rassemble-nous contre ta poitrine
Parce que nous aussi nous sommes des tiens
Avec de vieilles, profondes, racines !
refrain :
Europe, Europe
Dirige ton regard vers nous aussi
Pour que mon monde se réjouisse
Telle l'herbe après la pluie !
Tant d'ennemis des Balkans
Ont buté contre nous,
Pactisé avec le diable
Pour anéantir le monde macédonarman
Envieux, ils n'ont pas toléré
Les richesses qui brillaient
Ainsi ont été passé par le feu
Gramusti**, Moscopolea***.
refrain :
Europe, Europe…
Que de nuages, de foudres et d'orages
Grosses congères de souffrance,
Fais venir sur notre chemin
Le soleil et sa lumière.
Haut la tête, monde macédonarman
Ne perdons pas notre honneur,
Que notre voix résonne partout
Pour éloigner la vieille malédiction !
refrain :
Europe, Europe…
Eloignons l'éternel désarroi
Qui pèse sur nous comme une congère
La seule patrie qui nous reste
Est notre doux parler.
Le parler sacré et macédonarman
Bannière de notre peuple
Petits et grands, veillons sur lui
Pour les familles macédonarmanes.
(Traduction de Nicolas Trifon)
- Lluis Maria de Puig : Catalan, député de la délégation parlementaire espagnole au Conseil de l'Europe, auteur du « Rapport sur les Aroumains, document 7728, du 17 janvier 1997 », sur la base duquel l'Assemblée Parlementaire du CE a adopte la Recommandation 1333 (24.07.97)
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- Gramos : Massif d'origine volcanique, branche Nord-Est du Pinde, au Nord de la Grèce. Située sur son plateau, à 1600 m d'altitude environ, la commune de Gramostea était depuis des temps immémoriaux le berceau des Macedonarmans. A son apogée, Gramostea avait 40.000 habitants, avec des maisons en pierre à deux niveaux, nombre de grandes églises et des richesses fabuleuses. La base de l'économie des Gramoustans était l'élevage. Avec les Farsérots, les Gramoustans furent les branches les plus prolifiques des Macedonarmans.
La commune a toujours joui de privilèges et a mené une vie libre, indépendante.
Pareille à Moscopoli, Gramostea a été détruite et brûlée par les Turcs et les Albanais. Autour de l'an 1760, les Gramoustans ont abandonne leur berceau ethnique et se sont établis a la suite de leur exode dans toute la Macédoine.
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- Moscopoli : localité située en Albanie, elle fut la métropole des Macedonarmans, le plus importants centre culturel dans les Balkans du XVIIIe siècle. A l'époque, Moscopoli avait environ 60.000 habitants. A présent, on peut voir les vestiges des églises d'autrefois (au nombre de 72). A part les écoles, il y avait aussi une académie et une imprimerie – l'une des plus grandes de l'époque dans les Balkans.
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Centre économique et culturel, Moscopoli arriva a son apogée vers le milieu du XVIIIe sicle, fait qui alluma l'envie des Turcs et des Albanais musulmans, qui l'incendièrent.
Deux fois brûlée, la seconde fois en 1769, la cité fut désertée par les grands commerçants et les savants, qui se dirigèrent vers l'Ouest et établirent des fortes colonies économiques dans l'Empire austro-hongrois, a Vienne, Budapest, Zemun, Belgrad, Lwow etc. Ils devinrent des grands banquiers, des mécénats, ennoblis avec des titres impériaux, par exemple les familles: Sina, Dumba, Mocioni, Karaian etc.
Foamea di zboarã
Mi hãrnescu cu zboarã
Seara shi tahina,
Ti prãndzu shi deadãoarã,
Shi nj-u foamea di zboarã.
Bratsãli-mplini,
Tãbãbii, precllji, preclji,
Minghiushi di ureclji,
Ãn gechi, tu supani,
Di gushi - ghiurdani,
Pi-anumiru, ãn capu,
Tu suflitlu sacu,
Portu hãrsitu - semnu mari -
Furtia di zboru di zãmani.
Cãndu poartã caimo
Shi aspunu miryiulo,
Ca lãludz li hãrsescu,
Sh-trãoarã shi-spealã fatsa scutidoasã,
Alãxescu opsea hivroasã,
Sh-narga-narga lunjina l-ascaldã
Sh-lã da tru miydani fatsa-lã albã.
Shi anda multu, pri-multu s-hãrsescu,
Di-aynanghea, cu peanili di oclji li urnipsescu
S-aibã angãtanu dipriunã,
Cã shi multã harauã nu-i bunã…
Seara shi tahina,
Ti prãndzu shi deadãoarã
Mi hãrnescu cu zboarã,
Shi nj-u foamea di zboarã.
Affamé de paroles
Je me nourris de paroles,
Soir et matin,
Au déjeuner et encore,
Et je reste affamé de paroles.
Les bras pleins,
Ensembles, paires, paires,
Boucles d'oreille,
Dans les poches, cachées sur la poitrine,
Au cou – pendentifs,
Aux épaules, sur la tête,
Dans l'âme sac,
Je porte enorgueilli – signe de fête –
La charge de paroles d'antan.
Quand elles respirent douleur
Et s'expriment en chants funèbres,
Comme des fleurs je les caresses,
D'un coup elles lavent leur visage assombri,
Elles abandonnent la pâleur de la fièvre,
Peu à peu la lumière les baignant
Découvre à vos yeux leur visage heureux.
Et quand elles explosent dans la joie,
De loin, de mes cils je leur fait signe
De bien toujours prendre garde,
Car trop de joie porte malheur…
Soir et matin,
Au déjeuner et encore,
Je me nourris de paroles.
(Traduction de Mariana Bara)
Hlambura
Tremburã vimtulu, tremburã
Pirifanã hlamburã,
Tu yisu-anyisatã,
Cu zori amintatã,
Sufliti s-deapirã,
Ocljii ascapirã.
Hlamburã-yishteari,
Cãrunã di vreari,
Hlamburã-puteari,
Armã tri-alumtari,
Ti Naua Minari,
Hlamburã-avyiulii,
Ti Naua Hãryii...
Hlamburã, hlãmburachi,
A farãljei mirachi,
Lja ambrustela,
Cãlãudzã nifrãmtã,
Pirifanã, sãmtã,
Ascoalã ditu somnu
Ininji tsi dormu,
Fã-li s-ampaturã
Irghilii nividzuti,
A sãndzãlui bãruti...
Hlamburã, hlãmburauã,
Farãljei harauã,
Arupi-lj ti daima pirdeadzljii di scutidi
S-ti videmu
Ditu Datã
Sh-ditu Ascãpitatã,
S-ti duchimu,
S-ti hãrsimu,
S-ti vigljemu,
S-ti-ascãpãmu di blãstemu,
S-ti purtãmu,
S-ti-alãvdãmu,
Dealihea s-lu-adrãmu
Yislu tsi-nyisãmu.
Treamburã vimtulu, treamburã
Pusimatã hlamburã...
Le drapeau*
Tremble le vent, tremble
Fier drapeau,
Rêvé dans le rêve,
Né dans la peine,
Des âmes s'affolent,
Des yeux brillent.
Drapeau – trésor,
Couronne d'amour,
Drapeau – puissance,
Arme pour lutter
Pour la Nouvelle Vague,
Drapeau – violon,
Pour la Nouvelle Aube…
Drapeau, drapeau aimé,
Désir de nos gens,
Prends les devants,
Guide infatigable,
Orgueilleux, saint,
Fais se réveiller
Les cśurs endormis,
Fais courir la foule
Des invisibles chevaux,
La charge du sang…
Drapeau, drapeau de fête,
Bonheur de nos gens,
Romps pour toujours de l'obscurité les rideaux
Que l'on puisse te voir
Du Levant
Et du Couchant,
Qu'on te sent,
Qu'on te caresse,
Qu'on te garde bien,
Qu'on te sauve de la malédiction,
Qu'on te porte,
Qu'on te fasse éloge,
Qu'on fasse devenir vrai
Le rêve que nous rêvons.
Tremble le vent, tremble
Précieux drapeau…
(Traduction de Mariana Bara) ____________________________________________________________
- Il s'agit du drapeau blanc traditionnele pour les noces des Armãns, utilisé dans les Balkans pendant le Moyen Ãge. Ce drapeau devint en 2003 le symbol du peuple Armãn, à l'occasion du congrès du premier parti politique des Armãns vivant dans la République de la Macédoine (FYROM).
Pociu cu apã hrisusitã
Va-nj ashternu nã-nflucatã
Lunjinatã,
Cãtã-i padea,
Pãn' iu s-veadi,
Aclo, tu-aynanghi,
Pãn' iu-sh-poartã puljlu peana
Sh-uranolu bashi dzeana.
Va s-adunu tuts cilimeanjilji,
Mea cara va-lj huhutescu
Nai' msheatu cãnticu armãnescu,
Sh-va s-adarã, ti ciudii,
Cathi-unu zboru –
Pociu cu apã hrisusitã,
Sh-cãndu s-bea, cathi purumbu
S-lunjineadzã,
S-anvireadzã
Bana tutã sh-elj sh-pãrintsãlji,
Mea sh-pãpãnjljii cãtu s-bãneadzã.
Pot à l'eau brillante
Je vais éteindre une flokata*
Pleine de lumière,
Large comme la prairie,
Jusqu'à l'horizon,
Là-bas, au loin,
Là où l'oiseau porte son vol
Et le ciel embrasse les montagnes.
Je vais rassembler tous les enfants,
Et me mettre à chanter de tous mes poumons
La plus belle des Armâns chanson,
Et par miracle, on verra
Chaque mot qui changera –
Et pot à l'eau brillante deviendra,
Et chaque palombe qui y boira
Sera de lumière,
Portera l'été
Pour la vie à eux et aux parents,
Et en plus aux grands-parents tants qu'ils de cette vie seront.
(Traduction de Mariana Bara)

